Je me souviens que j'ai connu Placebo il y a maintenant 10 ans, en 1999. J'écoutais la radio chez ma nourrice & j'essayais de comprendre à qui appartenait cette voix si étrange dont j'avais du mal à apprécier la texture. " This Picture ". Je plongeais dans les artistes noirs & le rock. Evanescence & Mylène Farmer, les mots & attitudes androgynes.
En 2001, pendant l'été, la canicule. Placebo passe encore à la radio, cette fois-ci ce sont les première notes de Special K qui m'entraine vers une danse éternelle dans le monde de Placebo. Mes amis baignent dans la culture musicale infligée de leur parents, Francis Cabrel & Goldman. Moi j'attend la radio & les sonorités plaisantes qui peuvent en découler.
The Bitter End sonne le retour de Placebo dans mes oreilles, je ne possédais pas internet, il m'était impossible de savoir le nom de ce groupe qui semblait croiser ma route. Je chantais, du moins j'essayais, " siiii you atze bite her hand ! " sans rien y comprendre. Mais juste après cela, j'entre dans ma traversée du désert. Je ne m'intéresse plus au rock et dérive vers la J-pop & le hip-hop ( étrangement ). Je traine avec des gens qui ne me correspondent pas & j'arbore fièrement mes habits sombres. Et là j'ai rencontré mes sauveurs qui m'ont également entrainé au plus bas possible. J'apprend enfin le nom de "Placebo". Je suis en cinquième.
Dès lors j'écoute & je retrouve cette impression qui ne me quitte pas lorsque je les écoute. La formation d'une bulle où seule la voix de Brian règne. Parfois encore lorsque j'écoute Lady Of The Flowers je retrouve cette impression. Celle de l'interdit. Des drogues & d'un monde que l'on ne peut ni atteindre ni côtoyer. Placebo à une résonance dangereuse dans mon sang, j'ai comme une envie d'étouffer de ses maux. J'ai treize ans & je commence à comprendre ce que signifie "aller mal".
Je réagis comme tout les adolescents mal dans leur peau, mais peu importe. Mes gouts musicaux évoluent, je passe à Thirty Seconds To Mars, System Of A Down, Saez, Simple Plan, Sum41 & un peu de Kyo ( dire qu'avant je détestais ). Et encore & toujours Placebo, dont je capte l'essence mais dont je n'arrive pas à l'expliquer.
C'est impossible, juste du ressentit, de la peur, l'appréhension de plonger dans un autre monde.
Nous voilà en 2006 & dès les premières notes de Song To Say Goodbye, je décide que ce sera la chanson de mon enterrement. Dès lors, cette idée ne m'a pas quittée. Meds tourne à fond sur mon ordinateur, Placebo emplit mes oreilles durant un an. Je découvre Indochine, que j'ai toujours haïs. D'abord avec la chanson "Juste Toi & Moi" puis avec l'album "Alice & June" qui est une vraie claque musicale. Je ne tourne qu'a ça, trois groupes : 30 Seconds To Mars, Placebo & Indochine. J'ai eu l'occasion de faire des pauses plus ou moins longues avec ces groupes, comme tout le monde le ferait. Un an sans 30Stm, découverte de Nine Inch Nails & du monde éléctro, ce qui me permet d'ailleurs de renforcer mes sentiments envers mes trois groupes favoris.
Il faut dire que Placebo à un monde que personne n'aura jamais, des mots que personnes ne me dira jamais & qui pourtant me représentent tant. C'est pour ça que depuis 10 années, ils sont toujours restés présents.